Le baby blues: comprendre ce qui se passe - ETRE & DEVENIR MAMAN 1718367494962041

Le baby blues: comprendre ce qui se passe

par Emma



Il y a quelques heures, quelques jours, tu as mis au monde un enfant, ton enfant. Un véritable parcours du combattant, auquel tu t’es prêtée pendant 9 longs mois, avec des hauts et des bas, des douleurs, des inquiétudes, des phases d’euphorie et des drôles de sensations.

Pendant 9 mois, tu as attendu, tu suppliais bébé d’arriver, les dernières semaines ont été insoutenables, tu es exténuée. Quand est-ce qu’il va enfin pointer le bout de son nez ? Et puis, après quelques heures d’effort intense et de petits chatouillements de douleur, il est là. Enfin ! 

Je me suis toujours demandée, comment c’était possible de ressentir autant de bonheur et de tristesse en même temps. Après l’euphorie, les larmes de joie deviennent des larmes de tristesse, des larmes de douleur, des larmes il y en a partout. Ce corps qui vient de se libérer de son petit locataire fait le grand ménage. Tes hormones sont en vrac, ton corps est en chantier et pour nettoyer il évacue avec des larmes. Ce bouleversement est dû à la chute brutale du taux d’hormones.



Qui est touché par ce fameux baby blues ?





Cette phase, d’après naissance, que l’on appelle baby blues n’est pas vécue de la même manière en fonction des femmes, ni même en fonction des grossesses ce qui rend difficile de l’analyser. Il s’agit d’un contrecoup physique et émotionnel qui survient après l’accouchement, un petit passage à vide dont peu de femmes sont épargnées. 

Il survient dans les 2, 3 jours suivants l’accouchement. Le baby blues toucherait plus d’une femme sur deux et durerait de quelques jours à une dizaine de jours.  Au-delà, on parle de dépression post-partum, pour laquelle il est indispensable d’avoir un suivi médical.

Le baby blues peut aussi bien toucher une femme qui s’était documentée sur le sujet qu’une autre. Il surgit sans crier gare. Ta vie est bouleversée en quelques minutes par l’arrivée d’un enfant, même si l’enfant était désirée, que tu aies clairement l’instinct maternel et que tu fondes devant sa bouille d’ange, cela n’empêche que ce qui se passe à l’intérieur de ton corps, ressemble au programme essorage de ta machine à laver.



La chute d’hormones, c’est quoi ?



Les hormones principales de la grossesse sont l’œstrogène et la progestérone. Elles vont être présentes en quantité croissante tout au long de la grossesse et elles vont chuter quelques jours après l’accouchement.

La progestérone à quoi sert-elle ?

La progestérone va permettre l’implantation de l’embryon et l’épaississement de la paroi utérine et entraîner le relâchement des muscles pendant la grossesse. Le taux de progestérone va chuter dans le sang maternel, au moment de la délivrance, pour atteindre un taux proche de zéro à la fin, dans les 7 jours suivants l’accouchement.

L’œstrogène à quoi sert-il ?

Il va permettre l’accroissement du volume sanguin qui va ainsi permettre d’alimenter le bébé en nutriments et en oxygène. Il va avec la progestérone, favoriser le développement des seins et préparer à la lactation. Pendant la grossesse, l’œstrogène est sécrété par le placenta et son taux est jusqu’à mille fois supérieur au taux le plus élevé d’un cycle normal. Sa chute est si rapide que le corps se retrouve quasiment privée de cette hormone en quelques jours.

Il y a aussi la prolactine (hormone de la lactation), son taux pendant la grossesse est dix à vingt fois supérieur à un cycle normal, son taux va également chuter après l’accouchement tout en maintenant un taux plus élevé que hors période de grossesse.  

Donc en résumé, après l’accouchement le taux de progestérone et d’œstrogène vont chuter très rapidement et revenir ensuite à la normale. Quant à la prolactine, elle va également diminuer, mais continuera à avoir un taux plus élevé que lors d’un cycle normal. Tout cela provoque un gros chamboulement à l’intérieur de ton corps.



Comment va se manifester le baby blues ?





La jeune maman peut passer du rire aux larmes en quelques secondes, se sentir épuisée (ce qui est plutôt normal compte tenu de la situation), se sentir plus fragile, irritable, confuse également. À cela va s’ajouter toutes les peurs et angoisses liées à ces nouvelles fonctions de maman : peur de ne pas réussir à élever son enfant, peur de ne pas être à la hauteur, de ne pas savoir faire, peur de ce nouveau rythme de vie inconnu, peur de ne pas y arriver tout simplement, peur de rester dans cet état-là à pleurer, peur de ne pas retrouver son corps d’avant, peur de ne pas être faite pour cette vie-là… je pourrais continuer sur des pages et des pages.

C’est tout à fait normal de se sentir dans cet état-là, compte tenu du chamboulement que l’arrivée d’un enfant apporte dans ta vie. Pendant 9 mois, ton bébé était relié à toi, le cordon est coupé, une nouvelle relation va naître. J’associe toutes ses larmes au grand nettoyage intérieur d’après grossesse. C’est la grosse tempête hormonale, émotionnelle et existentielle, mais bonne nouvelle après la pluie vient le beau temps.



Comment mieux vivre cette période de transition ?



À la maternité, les sages-femmes et puéricultrices sont là pour aider la maman, ne pas hésiter à leur en parler, elles ont l’habitude. Il y a également, très souvent un psychologue dans le service de maternité que tu peux solliciter. En parler est la meilleure façon, de mettre des mots sur ce que tu vis, sur ce que tu ressens et permettra alors de mieux comprendre la période que tu traverses et de mieux l’accepter.

-Ton pilier au quotidien, si tu n’es pas maman solo, c’est ton partenaire. Il est là pour t’accompagner, ne pas hésiter à lui parler de ce que tu vis et de ce que tu ressens. Comme tu le sais, le papa n’expérimente pas la grossesse et n’a aucune idée de ce que tu traverses, il est donc de rigueur, de verbaliser tes attentes et tes besoins afin qu’il puisse être d’un bon soutien pour toi. Bien communiquer avec son partenaire est essentiel pour que chacun puisse trouve la place qui lui correspond dans la famille.

-Ton entourage est également là pour t’aider à passer ce cap, choisit les personnes qui pourront être d’une grande écoute, sans jugements, qui pourront t’apporter l’empathie et la bienveillance dont tu as besoin. 

Toi, tu es ton meilleur allié, te faire confiance, t’honorer, te réserver un petit moment quotidien rien que pour toi, pour nourrir tes besoins principaux. Trop souvent oublié : le cadeau à la maman, le soin détente pour la maman devrait faire partie des bonnes attentions que l’on reçoit à la naissance d’un nouvel enfant. Offre-toi des moments rien que pour toi où tu ne penses pas aux couches, à la dernière heure de tétée, juste une dizaine de minutes, mais où c’est toi et rien que toi.



Le baby blues ne dure pas, après la chute des hormones, tout va se rééquilibrer tranquillement, tes organes vont petit à petit reprendre la place qui était la leur avant la grossesse.

Ceci dit, il semblerait qu’un écart de 12 mois d’écart minimum soit recommandé avant une nouvelle grossesse pour la santé de la maman et du futur bébé. En effet, le processus de récupération de la maman sur le plan physique et émotionnel prendrait une bonne année.

Les nombreux bouleversements psychiques et physiques qui surviennent la première année, associés à beaucoup de fatigue mène beaucoup de femmes à l’épuisement et font que la récupération s’avère longue pour la maman. D’où la nécessité de prendre conscience qu’en plus d’accueillir un nouvel enfant dans son foyer et toutes les ressources que cela demande, ton corps de femme a aussi besoin de temps pour revenir à la normale, prudence donc à ne pas vouloir en faire trop, tout comme tu prends soin de ta progéniture, tu devrais prendre soin de toi et ne pas t’oublier.


Pour compléter cet article, as-tu lu cet article ? Pourquoi-est-il-essentiel-pour-prendre-soin-de-son-enfant-de-prendre-soin-de-soi-dabord

Et toi le post-partum tu l’as vécu comment ? Baby blues ou pas ? Viens me dire cela dans les commentaires.

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4 Commentaires

Ludivine 9 décembre 2019 - 14 h 20 min

Bonjour Emma, merci pour cet article. Je dois accoucher dans quelques semaines et le baby-blues me fait très peur; alors cet article tombe à pic.

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Emma 9 décembre 2019 - 22 h 24 min

Bonjour Ludivine, je te souhaite un Bel accouchement. Ne reste pas isoler après ton accouchement et faire appel aux personnes bienveillantes de ton entourage et au personnel médical si tu en ressens le besoin.

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Emmanuelle 7 décembre 2019 - 13 h 56 min

Merci Emma! Mon baby blues, c’est toi qui m’a vraiment aidé à vivre avec pendant ces longs jours! Tu as beau savoir ce que c’est, que ce sont les hormones qui parlent, que ca va passer, ca reste une période très dure à vivre où tu as aussi l’impression d’avoir trompé ton enfant que tu as tellement encouragé à venir au plus vite alors qu’une fois là tu paniques pour chacune de tes décisions. La peur aussi que ca se transforme en dépression et que ce mal-être dure plis longtemps encore.
On lit dessus mais rien ne peut vraiment nous préparer a ce qu’on va ressentir.
Un article à faire lire et relire à nos amies qui sont en train de le vivre.

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Emma 9 décembre 2019 - 11 h 59 min

Merci Emmanuelle 🙏🏼, on essaye de lutter et de se battre plutôt qu’accepter ce qui se passe réellement, difficile avec le chamboulement qu’une naissance engendre d’arriver à gérer cela 😊

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Commentaires

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